SUCRI'HYÈRES À TALENTS

Rendez-vous incontournable des Printemps de chaque année, le 33ème Festival international de mode, accessoires et photographie de mode s'est achevé la semaine passée à Hyères en récompensant la nouvelle génération de créateurs textiles et accessoires ainsi que jeunes espoirs de la photographie de mode. Retour sur les créations mode lauréates

et les différents prix décernés.


Japan's Wataru Tominag au Festival de Hyères ©Getty Images

Le festival de Hyères à aujourd'hui

Le Festival International de Mode et de Photographie de Hyères, dans le Var (France) a été fondé dans la ville susnommée en 1985, sous l'égide de Jean-Pierre Blanc. D’abord baptisé « Salon Européen des Jeunes Stylistes », au départ, l'objectif est seulement de faire émerger de jeunes créateurs de mode du continent. Dès lors que le monde de la mode, du luxe et de la finance s'y intéresse, la manifestation de petite envergure prend de l'ampleur et le choix des candidats s'internationalise. Les différents domaines mode impliqués s'élargissent également, ajoutant dès 1997 à ses représentations, la photographie, et en 2017, les créations d'accessoires. Trente ans après sa naissance, le succès est tel qu'il en fait du festival, the place to be auprès des notables de la mode, accueillant notamment dans ses jurys, des pointes telles que John Galliano (en 1991), Ricardo Tisci (en 2008) ou encore Raf Simons (en 2011).

Jean-Pierre Blanc ©Mark Peckmezian
« Hyères, c’était un challenge au début, je mettais trois mois à constituer le jury – contre deux jours aujourd’hui. Avoir convaincu Martin Margiela, Helmut Lang ou Yohji Yamamoto d’y participer me facilite la tâche »

avoue Jean-Pierre Blanc au M, Le Magazine du Monde.

Pascale Mussard ©Muriel Eisl

Toujours dirigé par Monsieur Blanc, aujourd'hui, le festival est présidé par la vice-présidente de la fondation d'entreprise Hermès, Pascale Mussard et a lieu tous les ans, en avril, pendant trois jours. Dans le cadre de la villa Noailles. l'événement s'organise autour de trois concours rassemblant ainsi jeunes stylistes, créateurs d'accessoires et nouveaux photographes du Monde entier à qui plusieurs récompenses sont octroyés. Dans le secteur mode, s'y trouvent : Le Grand Prix du Jury Première Vision accordant une bourse de 15 000 euros, une collaboration avec les Maisons d'Art de Chanel d'une valeur de 15 000 euros et une seconde avec l'enseigne Petit Bateau offrant 10 000 euros pour la création de plusieurs modèles fabriqués et commercialisés par la marque. Le Prix Chloé accorde lui, une bourse de création à hauteur de 15 000 euros et le Prix du Public de la Ville de Hyères y est également proposé.



La crème de l'industrie mode


Cette année, cocktail d’ouverture, soirées, expositions, concerts, et défilés étaient donc tous réunis du 26 au 30 avril pour mettre à l'honneur les lauréats des prix mode, sélectionnés par un jury d'exception : le designer Haider Ackermann, l'historienne de mode Farid Chenoune, les actrices Farida Khelfa et Tilda Swinton, mais également Delfina Delettrez Fendi, créatrice de bijoux venue tout droit de Rome, Lou Doillon, auteur-compositeur, ainsi que le Londonien Jefferson Hack et le Sudéois Ben Gorham ─ l'un co-fondateur de Dazed Media, l'autre fondateur de la marque de luxe Byredo, et finalement, Vanessa Schindler, créatrice de mode, mais surtout lauréate 2017 du Grand Prix du jury Première Vision.


Lauréats du Grand Prix du Jury Première Vision


À l'issu du défilé de Hyères, le styliste ayant récolté Le Grand Prix du Jury Première Visionse révèle être un duo néerlandais répondant au nom de Rushemy Botter & Lisi Herrebrugh, pour leur collection Homme, dite « Fish or Fight »


Rushemy Botter & Lisi Herrebrugh ©Sean P. Murray

« À travers Fish & Fight, la paire créative rend hommage au style Caribéens. La collection se compose de pièces de la garde-robe classique des messieurs que l’on croirait récoltés sur la plage. Les filets de pêche colorés sont détournés en ceinture ou en maillot, les sacs plastiques bigarrés sont portés en foulard ou servent à tisser un bustier. Les semelles de chaussures de ville rehaussent les baskets d’une plateforme imposante. Un morceau de casquette assemblé aux restes d’un chapeau de paille constitue un couvre-chef altier. Les tenues sont accessoirisées de bouées gonflables enfantines ou de pistolets à eau échoués sur le rivage. [...] Les vêtements racontent la vie de ceux qui les portent et leur aspiration à l’insouciance », dixit la direction du Festival.


( ©Etienne Tordoir )


Lauréate du Prix Chloé


La Canadienne Marie-Ève Lecavalier, diplômée de la HEAD (Haute école d'art et de design à Genève) en design mode et accessoires a raflé Le Prix Chloé ainsi que la Mention spéciale du jury grâce à sa collection Femme « Come get trippy with us ».

Marie-Ève Lecavalier ©Baron Mag

D'après la direction du Festival : « la collection est une version luxe des visions psychédéliques que la musique de Franck Zappa inspire à la créatrice. [...] elle synthétise ses divagations dans une palette sobre en utilisant des matières nobles et du denim recyclé pour dessiner des vêtements aux dimensions exagérées. Les jeans délavés se retrouvent dans chaque tenue, ils apparaissent en pantalon large, puis sont décousus à l’entrejambe pour se transformer en jupes, sont fendus, raccourcis et superposés comme autant de perturbations du réel. En haut du corps le cuir épais est porté sur de grandes chemises immaculées en popeline de coton, il est tricoté en sweater court à motifs graphiques ou coupé en blouson noir verni surligné de larges ondulations blanches. [...]. Elle s’imprime sur des chemises démesurées qui sont portées en robe sur la peau nue, ou teinte les grosses mailles d’un pull-over nonchalant qui recouvre les mains. Des boutons et boucles de ceinture en verre déformé enrichissent l’ensemble ».

( ©Etienne Tordoir )


Lauréate du Prix du Public de la ville de Hyères

La designer belge, Sarah Bruylant, diplômée de l'AMFI (Amsterdam Fashion Institute) s'est également vue remettre un prix, celui du Public de la Ville d'Hyères, pour sa collection Femme « Meet me in another world ».


Sarah Bruylant ©SoSoir.lesoir.be

La direction du Festival explique que : « la créatrice défend une mode flamboyante et s’autorise toutes les excentricités de la haute couture hors des préoccupations mercantiles. Elle crie l’amour irrépressible qu’elle voue à son art à travers la fable d’une jeune femme tiraillée entre sa volonté de plaire au garçon qu’elle aime et sa passion pour le vêtement. [...] On la découvre dans une jupe majestueuse, peinte à la main, portée sur une veste et un pantalon d’organza de soie blanche décorés de grands disques de velours rouge découpés au laser. On la suit habillée d’une tenue opulente composée d’un haut porcelaine imprimé de fleurs bleues et d’un jupon de tulle à traîne rose pâle qui gonfle un tablier en satin grenat. Puis, la fantasque maîtresse se prend à porter un tailleur-pantalon en coton dont le bleu vif et la démesure des accessoires trahissent la personnalité qu’elle tente de réprimer ».


Etienne Tordoir)



ET DU CÔTÉ DES DÉFILES ?